Pierre-Yves GOMEZ

Professeur de Management Stratégique

Pourriez-vous nous décrire en quelques mots votre parcours professionnel ?

Economiste de formation, j’ai travaillé pendant près de 8 ans à l’accompagnement de création d’entreprises.
J’ai ensuite obtenu un doctorat en gestion avant de me spécialiser dans l’étude de construction des croyances en économie. C’est à cette période que j’ai intégré EMLYON Business School où je suis aujourd’hui Professeur en Stratégie et Gouvernement d'Entreprise.

Il y a environ dix ans, j’ai recentré mes recherches autour des questions de gouvernance d’entreprise, cadre dans lequel j’ai fondé l’IFGE (Institut Français de Gouvernement des Entreprises), un laboratoire de recherche d'EMLYON Business School ayant pour vocation l'accumulation du savoir collectif sur le gouvernement des entreprises.

Quelle est votre approche spécifique du public Executive ?

Je travaille avec les cadres en utilisant des méthodes très simples. En m’appuyant sur leur expérience, je les amène à réfléchir sur leurs outils quotidiens.

De nombreux cabinets de conseil proposent des outils de management pouvant rapidement devenir contre-performants, voire dangereux, s’ils sont mal utilisés. J’aide donc les managers à minimiser les effets pervers d’outils utilisés hors de leur contexte.

Travailler avec le public Executive est un vrai plaisir. Loin de les rigidifier, l’expérience des cadres les rend très réactifs. Je pense en particulier aux Executive MBA, avec lesquels j’ai beaucoup travaillé, et qui font preuve d'une réelle souplesse intellectuelle, d’ouverture d’esprit et d’une grande prise de recul.

Une bonne formation Executive, c’est une formation d’où l’on sort avec l’envie de créer, d’imaginer quelque chose de nouveau.

Bien évidemment, les DRH ont tout à gagner à concentrer leur effort de formation sur leurs cadres les plus prêts à se remettre en question.

Le but, pour toute organisation, est d’éviter la sclérose ; or une bonne formation Executive, c’est justement une formation d’où l’on sort avec l’envie de créer, d’imaginer quelque chose de nouveau.

Qu’est-ce qui fait selon vous la force de formation EML Executive Development ?

Malgré son envergure internationale, EML Executive Developement a su garder un peu de son caractère "provincial" ! C’est une force qui nous permet de connaître les réalités locales et de rester très près des PMEs : cette expérience nous confère une expertise dans le management d’unités de tailles réduites directement applicable aux Business Units.

Cette « fraîcheur » est, à mon sens, une très bonne application de l’adage « Think global, act local ». Encore une fois, il faut à tout prix éviter la sclérose !

Pouvez-vous nous évoquer un souvenir de formation particulièrement marquant ?

J’ai en mémoire une collaboration avec le Groupe Soufflet, dans l’industrie agro-alimentaire, durant laquelle les cadres participants ont eu l'occasion de travailler sur un dossier stratégique de l’entreprise pour le présenter à leur Conseil d’Administration.

Nous avons aussi réalisé des programmes de formation pour les administrateurs salariés de grandes entreprises. Cela les a vraiment aidé à se rendre encore plus utiles, et mieux acceptés aux seins de leurs CA.

Quels sont, selon vous, les grands enjeux en termes de développement auxquels les entreprises devront faire face ?

Nous assistons à la constitution de grandes organisations de plus en plus bureaucratiques et normalisées.

La première question pour ces groupes est de trouver un positionnement susceptible de leur permettre de préserver leur esprit d’entrepreneuriat (et donc permettre à leurs collaborateurs d’être libre d’innover) dans un espace de plus en plus normalisé. A ce sujet, je pense que la formation est un moment privilégié dans l’identification d’espaces de l’organisation où la liberté d’entreprendre doit être encouragée ou protégée.

Dans un deuxième temps, il me semble que c’est la liberté individuelle, la liberté personnelle des collaborateurs de l’entreprise qui doit être protégée face au contrôle grandissant induit par les nouvelles formes d’organisation. Il en va, à mon sens, de la préservation de la dynamique même du capitalisme.

Quel autre métier auriez-vous aimé exercer ?

Je pense que j’aurais apprécié d’être juge dans un tribunal civil ou administratif. Mon caractère me porte en effet à être à l’écoute de chacun. J’aime élaborer des solutions capables d’induire une conciliation acceptable par tous.