Rémy PALIARD

Professeur de Finance

Pourriez-vous nous décrire en quelques mots votre parcours professionnel ?

Après avoir débuté mon parcours professionnel en tant que chargé d’affaires au Crédit Lyonnais, j’ai ensuite passé 7 ans dans une PME lyonnaise de négoce pour le bâtiment (Brossette) où j’ai exercé diverses fonctions (Trésorier, Analyste Crédit, Chargé d’Etude…).

J’ai décidé après cette expérience de retourner à l’enseignement. A l’issue de mon DEA, j’ai été embauché à EMLYON, et j’ai poursuivi mon doctorat en sciences de gestion en parallèle avec mes missions d’enseignement en Finance d’Entreprise.

Au cours de ma carrière au sein d’EMLYON, j’ai successivement pris en charge les programmes d’appui à la création d’entreprises, puis mené des recherches sur les introductions en Bourse des PME et les conséquences de leur présence en Bourse, et enfin développé une expertise en Évaluation d’Entreprise. En parallèle, j’ai développé mon activité de formation des managers, maintenant au sein d’EML Executive Development, en particulier dans des dispositifs sur-mesure.

Le Coaching Technique dans la presse

Quelle est votre approche spécifique du public Executive ?

J’interviens au sein de l’Executive au près de tous types de public : des jeunes managers à potentiel aux membres du Board, et ceci principalement sur les modules de Finance pour non-Financiers.

Beaucoup de managers opérationnels sont dans une position de méconnaissance, voire de « dés-appétit » par rapport à la finance. Mon objectif est de transformer leur vision pour leur montrer qu’à l’opposé d’une contrainte, la finance peut-être pour eux un puissant outil d’aide à la décision.

En tant que professeur, je suis très attentif à ce que mon action de formation porte ses fruits : pour cette raison, j’ai développé, au fil des années et avec mes collègues, une approche centrée « Appropriation » notamment mise en œuvre dans un processus que j’intitule le « Coaching Technique en Finance ».

Cette approche se caractérise par: (1) l’utilisation du blended-learning (des méthodes de formation variées alliant apports structurés, travail en groupe, e-learning, jeu d’entreprise…), (2) un projet individuel conséquent réalisé par chaque participant sur une problématique de décision en finance, et (3) une motivation accrue par la perspective de devoir présenter ce travail devant les autres participants du programme de formation, et/ou en présence de membres de la direction de l’entreprise.

Qu’est-ce qui fait selon vous la force de formation EML Executive Development ?

La force d’EML est à mon sens sa capacité à développer des formations orientées vers lamise en situation et accompagnées d’un suivi personnalisé permettant de s’assurer de la bonne intégration des acquis, à l’issue de la formation.

Comme je leur répète souvent, les entreprises ont tout intérêt à opter pour des solutions de ce genre, et particulièrement en finance ! Dans 95% des cas, il leur suffira qu’un de leur managers prennent une décision financière plus avisée pour que leur investissement dans la formation d’un groupe entier de managers soit rentabilisé !

Pouvez-vous nous évoquer un souvenir de formation particulièrement marquant ?

Arcelor, Péchiney, SAFRAN, Saint-Gobain, SAGEM Communications,.. Toutes les formations sur-mesure auxquelles j’ai pu participé m’ont laissé des souvenirs forts, que ce soient en termes d’échanges avec les participants, ou d’enjeux stratégiques à mesurer…

Les grands fleuves sont d’abord constitués de petites rivières !

Quels sont, selon vous, les grands enjeux en termes de développement auxquels les entreprises devront faire face ?

Les hommes, les hommes, les hommes…

Évidemment, dans un environnement difficile comme celui que nous connaissons, les entreprises ont besoin de générer du cash. Dans un tel contexte, elles peuvent établir deux modes pour atteindre leurs objectifs : par le « bâton », en édictant des règles, des consignes pour prendre les décisions, en instaurant « top-down » des objectifs pour le BFR ou la rentabilité des investissements…

L’alternative est de faire confiance à l’« intelligence » : en motivant, et en permettant à tous les managers de comprendre comment ils peuvent permettre à leur entreprise de générer le cash nécessaire. La formation, et un suivi rapproché, sont à mon avis les seules manières vraiment efficaces pour faire évoluer les mentalités, et améliorer les cash-flows : les grands fleuves sont d’abord constitués de petites rivières !

Pour ce faire, le développement des soft skills ne suffit pas : il faut aussi continuer à former les cadres aux bases techniques de la finance. Un domaine par exemple me semble très porteur : former les managers aux décisions d’outsourcing. En effet, la décision de « faire » ou de « faire faire » est encore souvent insuffisamment analysée. Pourtant les dépenses et les enjeux stratégiques attachés à l’outsourcing sont souvent bien plus forts, et courent sur un terme aussi long qu’un investissement au sein de l’entreprise !

Quel autre métier auriez-vous aimé exercer ?

Architecte (pour joindre l’esthétique à l’utile…), médecin (pour le diagnostic et la relation humaine) ou acteur de théâtre, mais tout professeur ne l’est-il pas un peu, acteur ?